La mort du Galaxy Note 7 sera-t-elle un désastre écologique?

La mort du Galaxy Note 7 sera-t-elle un désastre écologique?

Un contenu proposé par Smartphone pliable Smasung

Autre temps, autre époque. Au début des années 90, le grand patron de Samsung avait rassemblé 2 000 employés pour mettre le feu à 150 000 mobiles estimés de piètre qualité. Il serait évidemment impensable qu’en 2016, la marque fasse de même avec les 2,5 millions de Galaxy Note 7 en circulation ou en cours de récupération.

« Nous avons un processus en place pour nous débarrasser sans problème des téléphones », explique Samsung à Motherboard, sans donner plus de détails. Ce sera quoi qu’il en soit un défi logistique scruté à la loupe. Il débute dès maintenant par la récupération de l’ensemble des Galaxy Note 7. Comme le montrait une vidéo américaine, le rapatriement des appareils, se fait dans un ensemble de trois boîtes gigognes ignifugées, livrées avec une pochette antistatique et une paire de gant pour manipuler le téléphone.

Emballage supplémentaire, transports en camion

Sur ces cartons, il est notamment précisé que le transport par avion est exclu. Ces modèles devront donc transiter par camion. Des sociétés, comme UPS ou Fedex, ont déjà annoncé qu’elles ne transporteraient ces appareils que sous certaines conditions, tandis que des acteurs comme Royal Mail ont d’ores et déjà indiqué qu’ils ne se chargeraient pas du transport de ces colis potentiellement dangereux. Pour autant, le transport pourrait ne pas être le plus insurmontable.

Les problèmes risquent surtout de se manifester au point de recyclage qui se trouvera donc vraisemblablement dans le pays où les appareils ont été récupérés. Ce processus sera certainement spécifique à chaque pays, mais impossible d’en savoir plus. Une chose semble certaine, aucun élément ne sera récupéré pour fournir des pièces à un service SAV.

Dans un rapport d’information présenté le 29 septembre dernier, le Sénat dénonçait ainsi le faible taux de recyclage des téléphones en France. « Tous les ans, il s’en vend 24 millions, dont 84% de smartphones, mais seuls 15% d’entre eux sont réellement recyclés. », expliquait alors Marie-Christine Blandin, sénatrice écologiste du Nord et rapporteuse de la mission d’information.

Où finiront les Galaxy Note français?

Selon elle, les opérateurs – principaux distributeurs et donc chargés du recyclage – ne jouent pas vraiment le jeu : « ils se vantent d’être en lien avec la filière d’économie sociale et solidaire, mais dans les faits, nous avons constaté que l’un ne le fait plus, un autre a un partenaire qui a fait faillite et un troisième n’en confie que 1% sur les 200 000 appareils qu’il récupère chaque année », constatait alors la sénatrice, sans jamais citer nommément ces opérateurs.

Que deviennent alors les rares smartphones récupérés? En France, la filière est très limitée. Dans les Deux-Sèvres, les Ateliers du Bocage se chargent du tri des smartphones et de leur valorisation. Les déchets – comme seront considérés les Galaxy Note 7 – sont ensuite envoyés par exemple en Belgique ou la société Umicore se charge de récupérer les métaux précieux et rares utilisés dans les cartes électroniques.

Mais le plus souvent, les téléphones français destinés à être détruits sont vendus à des négociants qui les étiquettent comme du matériel de réemploi et les exportent vers la Roumanie ou les Philippines. Là, ils sont généralement démantelés de manière beaucoup moins respectueuse de l’environnement et des ouvriers chargés de le faire. Contacté par BFMTV, Samsung n’a pas encore pu nous préciser si une procédure spécifique sera mise en place en France pour s’assurer de la valorisation de ces déchets à 850 euros pièce.
Mais après l’échec qu’a essuyé le Galaxy Note 7, il faut espérer que la destruction de ces smartphones ne soit pas une catastrophe écologique. On peut même espérer que cette mésaventure industrielle serve à améliorer la filière du recyclage de nos vieux smartphones. Un mal pour un bien?



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